Inclusion : Comment articuler inclusion bienveillante et conversations courageuses ?

28 janvier 2019 | Réflexions

Par : Laurent Ledoux,

Les formations en communication bienveillante (communication non violente…) pour tous les collaborateurs d’une organisation collaborative doivent à chacun permettre d’aborder des sujets difficiles avec la finesse nécessaire pour éviter de se blesser les uns les autres. Mes associés au sein de Phusis, et les membres de ma famille, témoigneront que j’ai encore des progrès énormes à faire en la matière. Je suis dès lors convaincu de leur utilité. Cela dit, j’ai aussi pu constater au travers de diverses expériences comment certains veulent tellement être dans la bienveillance qu’ils en arrivent à ne plus oser critiquer le travail d’un collègue, sous le couvert qu’il agirait là sur la base d’une opinion subjective, alors que ce travail est objectivement en-deçà d’attentes raisonnables. Or la gestion effective des tensions qui peuvent naître entre collègues de l’exécution insatisfaisante de leurs rôles respectifs, que ce soit pour des raisons personnelles ou structurelles, est l’une des clés du succès de la mise en œuvre d’une gouvernance collaborative.

Cette difficulté à dire, et entendre, des vérités de fait dans les organisations, sous le couvert qu’elles ne sont que des opinions subjectives, me semble faire écho au brouillage croissant entre le vrai et le faux dans nos sociétés démocratiques, jeu dangereux qu’un Trump promeut de façon compulsive. Bien sûr, comme l’avait déjà bien vu Kafka, il est «difficile de dire la vérité, car il n’y en a qu’une, mais elle est vivante, et a par conséquent un visage changeant.» Mais, comme le montre bien la philosophe Myriam Revault d’Allonnes dans son livre «La faiblesse du vrai : ce que fait la post-vérité à notre monde commun», le résultat de la transformation répétée de vérités de fait en opinions («alternative facts») conduit selon elle à la destruction de «l’espace commun où s’élabore le sens commun, le mode de penser élargi reposant sur l’usage public de la raison.» Il peut en aller de même pour les organisations selon moi. Il me semble donc essentiel de veiller à ce que les formations en communication bienveillante qui accompagnent la mise en place d’une gouvernance collaborative soient correctement perçues comme une invitation à engager des conversations courageuses, et non pas à les éviter, à dire la vérité même lorsque cela fait mal. David Grimal de l’orchestre philharmonique Les Dissonances, l’exprime en soulignant que la clé est de «combiner exigence et bienveillance» (même si, en principe, la bienveillance bien comprise inclut déjà l’exigence de dire la vérité).

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